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L'univers nourri d’éclectisme de Xoïl.


Pas besoin d'aller jusqu'à Los Angeles ou en Nouvelle-Zélande pour trouver des tatoueurs de talent ! La France regorge d'artistes originaux qui ont su développer leur propre style : exemple en images avec le travail de Xoïl -aka Loïc Lavenu- tatoueur basé à Thonon-les-Bains.

Depuis l’enfance, Loïc n’attend que ça : devenir tatoueur. Sa famille, installée dans la banlieue de Montélimar, ne roule pas sur l’or. Son père est maçon, son frère à l’armée, Loïc quitte l’école à 16 ans pour bosser lui aussi sur des chantiers. Mais il n’y trouve aucun plaisir. Quand son frère revient de l’armée, il ramène dans ses bagages un kit de tatouage… Loïc n’en revient pas. Il commence à manier les aiguilles.



Une boutique de Montélimar lui propose de le former au piercing, mais Loïc refuse : son truc à lui, c’est le tatouage. Problème : à cette époque, la branche n’est pas du tout développée en France. Pour les tatoueurs, c’est la débrouille, l’expérimentation dans son coin, parfois en contournant la loi. Chez lui, Loïc tente des choses, teste sa machine sur ses cuisses, encre la peau de quelques amis qui n’ont pas froid aux yeux. Il s’initie à la technique, reproduisant clandestinement les planches de flash qu’il se procure. Mais Montélimar ne lui offre pas les débouchés dont il rêve. Qu’à cela ne tienne,

Devenu tatoueur au tout début des années 90, Loïc Lavenu, alias Xoïl Needle, a compris sur le tard qu’il avait inventé son propre style de tatouage : le tatouage graphique .


Loïc part à Paris où, paraît-il, Tin-Tin recrute. Il trousse un book vite-fait mal-fait et visite le célèbre tatoueur parisien qui ne l’embauche pas : Tin-Tin cherche un artiste complet capable de peindre, dessiner et tatouer. Or, Loïc n’a jamais dessiné de sa vie.



Il tente sa chance ailleurs mais ne trouve pas de studio susceptible de l’accueillir. Tout logiquement, il commence à traîner et tatouer dans les squats, les lieux parallèles, la zone. Beaucoup d’alcool, beaucoup de drogue. Sa rencontre avec Patrick Chaudesaigues est alors déterminante. Le tatoueur remet Loïc d’aplomb, lui redonne du courage, partage avec lui son savoir-faire et joue des coudes pour lui trouver un studio. Au milieu des années 1990, Loïc s’installe au studio Art d’Corps de Chartres, un bon studio où il fait ses gammes. Mais le passé mauvais garçon de Loïc le rattrape dans cette ville située à une heure de Paris. Lui qui vient d’avoir un enfant veut s’éloigner de tout ça. Il part à la recherche d’une ville tranquille où installer son propre studio. Le voyage s’arrête à Thonon-les-Bains, sur le lac Léman.



Xoïl sait apporter sa patte à chacune de ses oeuvres, à tel point qu'il est impossible de ne pas reconnaître un de ses tatouages lorsque l'on connaît son travail. Il est en quelque sorte le représentant de son propre courant, le style "photoshop" : ses dessins sont d'abord travaillés sur le logiciel, ce qui lui permet de travailler les aplats de couleurs, les dégradés, et les effets graphiques. Du travail minutieux pour un résultat unique.



Son univers est nourri d’éclectisme, de trompe-l’œil, d’approximation. Les images qu’il modifie mélangent graphisme pur, détériorations punks, motifs classiques, formes impossibles.



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